Les acquisitions récentes

Brouette à vendange et étiquette de vin

Brouette à vendange. © David Gallard

Étiquette avec la brouette familiale. © Musée du Vignoble Nantais

Cette brouette à vendange date de 1906. M. Maillard a 31 ans quand il la conçoit et la met en service pour réaliser ses propres vendanges à la Chapelle-Heulin. Contrairement aux civières à vendanges plus anciennes, elle peut être manipulée par une seule personne, circuler entre les rangs de vigne aisément et porter plusieurs portoires pleines à l’aide de crochets (un de chaque côté et un central ajouté par la suite). La roue utilisée était à l’origine une roue de bicyclette, son père étant marchand de cycle à la Chapelle-Heulin. La roue actuelle est une roue qui provient d’un surplus américain de la guerre de 1914-1918. En 1922, la récolte est abondante partout dans le pays. Deux amis lui commandent une brouette identique à la sienne pour rendre plus efficace le travail des vendanges. La brouette est ensuite exposée à une foire commerciale de Vallet en 1925 et les commandes commencent à affluer. De nouveau en 1934, la récolte est abondante et tous les vignerons commandent et utilisent des brouettes à vendange. La brouette d’origine a servi jusqu’en 1964, date de l’arrivée du tracteur familial dans l’exploitation de M. Pierre Maillard.

Objet digne de l’ingéniosité locale, cette brouette à vendange, première d’une longue série diffusée et copiée, parcourt tout le XXe siècle. En effet, en souvenir de l’esprit créatif de son père, M. Maillard fils décide de l’apposer sur toutes ses étiquettes de bouteilles de vin. Il se fait prendre en photo en 1962 à cette fin. Et la vie de la brouette est « prolongée »…


Bouteilles provenant de la cave de Julien Gracq

Bouteilles provenant de la cave de Julien Gracq. © David Gallard

Ces bouteilles proviennent de la cave de la maison de l’écrivain de Julien Gracq (1910-2007), située à Saint-Florent-le-Vieil. Il s’agit d’un grand cru de muscadet, Château de la Mauvoisinnière (Liré), d’un muscadet Coteaux de la Loire et de deux gamay, Domaine des Deux Coteaux, 1995 (La Chapelle-Saint-Florent). La cinquième bouteille est une « fillette » (bouteille d’une contenance de 37,5 cl) de muscadet 1994, remplie du vin provenant des vignes de Julien Gracq lui-même.

Pendant sa carrière, Gracq partage son temps entre Saint-Florent-le-Vieil et Paris, l’enseignement, l’écriture et les voyages. A sa mort en 2007, sa maison est léguée à la commune de Saint-Florent-le-Vieil, et destinée à devenir une maison d’écrivains, selon le souhait de Gracq. De nombreux travaux de réhabilitation doivent être entrepris. Pour cela, la maison mais également la cave doivent être entièrement vidées. C’est ainsi qu’ont été retrouvées ces bouteilles. Outre ces bouteilles, la cave de Gracq contenait des bouteilles disposées dans des étagères auxquelles étaient nouées des étiquettes manuscrites portant les mentions suivantes : « Muscadet 52-53 », « Muscadet 1960 », « Muscadet 1947 » ; toutes ces bouteilles témoignent de l’attachement ancien de Julien Gracq au cépage Melon de Bourgogne ».

Cité à plusieurs reprises chez Gracq, le muscadet – notamment – apparait dans toute sa dualité de vin populaire : populaire au sens de vin du peuple comme au sens de vin apprécié et cher à l’auteur.

Dans les Lettrines I (1967) il évoque le soleil du dimanche matin « jaunet et jeune, et râpeux comme le muscadet ». Ou encore, « ce vin pour cul-terreux quelque chose de fruité et d’agreste, comme le frais goût de râpe de son petit vin campagnard. »